Bénévoles : Daniel Desmazure

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Daniel Desmazure, fringant V3 (pardon, M3 !), est bénévole sur la Montagn’Hard depuis des lustres. Il rôde au ravitaillement du Monument, km 87 de la Montagn’Hard 100. Ancré depuis toujours dans le milieu associatif, il nous expose les motivations, les émotions, et la nécessité du bénévolat sur une telle épreuve.

 

Je suis né dans le monde de la course à pied. Quand j’avais 10 ans, mon père était président de club, et naturellement je me suis mis à courir comme mon frère aîné. Mon père organisait une des premières courses hors stade dans l’Oise, c’était en 73. Il fallait mettre la main à la pâte, on était déjà bénévoles…

 

Plus tard je suis devenu président de club à mon tour. La première course que j’ai organisée, c’est un cross en février 88 à Compiègne. Et puis en décembre 88, j’ai organisé un maxi cross. Mon père était officiel à ce moment, il m’a dit « Mais qu’est-ce que tu te fais chier à organiser ça ? » Et moi je lui ai répondu « Je suis le fils de qui ? » Il n’a plus rien dit…

 

Au maximum j’ai eu 650 coureurs sur le maxi cross, c’était une épreuve attendue par les crossmen avant de démarrer la saison. Et puis je me suis mis à organiser un trail en 2002, mais les bénévoles en avaient un peu marre d’être sur les deux courses et le trail prenait bien alors j’ai arrêté le maxi cross.

 

Organiser, être bénévole, c’est toujours pour les autres. Les copains, la famille, les autres clubs, on se donne un coup de main, on voit que tout le monde a besoin de bénévoles. Je peux faire un peu tous les postes : signaleur, balisage, débalisage, ravitaillement… C’est toute une ambiance, c’est ce que j’aime d’abord. Et qu’on ne se foute pas de toi ! Sur un petit trail dans l’Oise où j’avais emmené des bénévoles avec moi, ils avaient manqué de considération. On n’y est pas retournés !

 

À la Montagn’Hard, il y a une ambiance conviviale, pas familiale mais presque. On sait ce qu’on a à faire, on ne s’engueule pas. Les coureurs doivent se sentir à l’aise. Au Monument où je suis avec trois autres bénévoles, on se marre bien. Quand ils arrivent, les coureurs sont sur les rotules, sauf les trois premiers, ils ne s’arrêtent pratiquement pas, on les pointe et c’est tout. Les autres on les soigne aux petits oignons. Ils ont fait 87 km, il faut encore monter l’Aiguille Croche et le Mont Joly avant la dernière descente. Pour rire on leur dit parfois « S’il vous reste encore un peu de fibres, ne vous inquiétez pas à l’arrivée vous n’en aurez plus ! »

 

On est sur place de 17 h jusqu’à 11 h 30 le lendemain. Dehors la nuit il fait froid, et à l’intérieur il fait très chaud. Il y en a qui s’endorment carrément dans la tente, d’autres qui ne veulent pas ressortir… Les meilleurs moments, c’est le coucher et le lever du soleil, c’est géant !

 

J’ai très envie de la courir, la Montagn’Hard… Je n’ai fait que la Moins’Hard, mais pas dans de très bonnes conditions, j’étais fatigué. Et j’aurais dû faire le 100 km, mais je me suis blessé lors d’une reco. Je ne suis pas du tout montagnard à la base, plutôt routard, mais j’aime ça. À chaque fois qu’on fait une reco du parcours je m’éclate.

 

Dans la nature, en plus au mois de juillet, c’est superbe. Les vues, le Mont-Blanc, le Prarion, le Col du Tricot, c’est la nature, la vraie. Il y a toujours quelque chose à voir, à entendre. Si j’avais un conseil à donner aux coureurs, ce serait de profiter de chaque instant, jusqu’au bout, même dans la douleur. C’est vrai, quand j’ai mal, je pense à autre chose, je regarde autour de moi. Il se passe toujours des trucs, la faune, la flore… Il faut prendre du plaisir là où il est !

By | 2017-06-17T09:01:36+00:00 juin 15th, 2017|Non classé|